Tout Doit Disparaître!

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Boris Fleuranceau

Jeune, idéaliste et pas très réaliste, Boris Fleuranceau fonde en 1991 le fanzine « Le Coyote Rebelle » avec Antoine Silvestri, Guillaume Podrovnik, et d’autres jeunes idéalistes pas très réalistes qui souhaitent conserver l’anonymat. Mais déjà doté du flair inné des grands journalistes, il s’aperçoit très vite des limites et écueils de la presse dite alternative. Peu de temps après, il intègre l’Ecole Supérieure de Journalisme Responsable. Il s’y fait remarquer en prenant la présidence de l’UNEF-IR, l’Union Nationale des Etudiants Français Insoumis mais Raisonnables, d’obédience guévaro-balladurienne. En 1995 il sort diplômé de cette école prestigieuse. Il est immédiatement embauché par Radio Futur International. Il devient vite le présentateur vedette du « Journal du Futur ». Intraitable sur la déontologie et l’objectivité, il accepte systématiquement tous les séjours offerts par les grands groupes qu’il couvre, pour ne pas sombrer dans l’indécent favoritisme dont font preuve certains de ses confrères. Il parcourt ainsi l’Afrique, nouant des liens ténus avec les populations locales, les groupes pétroliers et les armateurs, confirmant ce qu’il soupçonnait déjà : c’est bien le goût d’entreprendre qui rend le monde meilleur. Désireux d’éclairer les masses à ce sujet, il décide de vulgariser son propos sous la forme d’une bande dessinée. Le hasard lui fait croiser le chemin de ses deux anciens comparses, dessinateurs et, eux aussi, fort heureusement devenus plus réalistes, dans une réception donnée par le Quai d’Orsay pour réaffirmer les valeurs universalistes des entreprises françaises. En souvenir du bon vieux temps et du chemin idéologique parcouru, ils décident d’intituler leur cause le « Manifeste du Sous-réalisme ». Mais tragiquement, lors d’un de ses séjours d’agrément sur un yacht, Boris en se dirigeant vers Vincent Bolloré pour lui offrir un exemplaire de son œuvre, bute sur un minuscule convive qu’il n’avait pas vu, trébuche et se noie.

Guillaume Podrovnik

Jeune, idéaliste et pas très réaliste, Guillaume Podrovnik fonde en 1991 le fanzine « Le Coyote Rebelle » avec Boris Fleuranceau, Antoine Silvestri, et d’autres jeunes idéalistes pas très réalistes qui souhaitent conserver l’anonymat. La même année, il découvre au département Chine des Langues’O, vieille institution coloniale napoléonienne, alors sous la coupe de l’internationale maoïste, l’économie de marché socialiste à caractéristiques chinoises, bien avant que les Jeux Olympiques et les poupées Barbie peintes au plomb ne révèlent au monde ébahi les bienfaits et avantages du libéralisme de contrefaçon. Grâce à cet éclairage inédit, il abandonne tout idéalisme et s’enfonce en 1997 dans la jungle boursière de Hong Kong. Sous le pseudonyme de Kee Yung, il s’engage dans les Forces Armées Révisionnistes Chinoise (FARC), au sein desquelles il s’évertue sans relâche à kidnapper et séquestrer des concepts – comme le relativisme culturel et l’universalisme des Lumières – avec le soutien occulte de la diplomatie française. Il rentre en France six années plus tard, enrichi par cette expérience. Et c’est au Quai d’Orsay qu’il retrouve ses deux anciens comparses, eux-mêmes transformés par leurs parcours respectifs. Ils décident alors d’annoncer ensemble au monde le radieux futur qui l’attend, présent en filigrane sur la page blanchie au chlore du nouveau réalisme triomphant, qui renvoie au tri sélectif de l’Histoire les idéologies passéistes et utopiques qui mènent toutes au totalitarisme. Le « Manifeste du Sous-Réalisme » est né. Le « Journal du Futur » est né. Et « Tout doit disparaître ! », car il n’y a pas d’alternative, même en bande dessinée.

Antoine Silvestri

Jeune, idéaliste et pas très réaliste, Antoine Silvestri fonde en 1991 le fanzine « Le Coyote Rebelle » avec Boris Fleuranceau, Guillaume Podrovnik, et d’autres jeunes idéalistes pas très réalistes qui souhaitent conserver l’anonymat. Quelques années plus tard, abandonné par ses pairs mais déterminé à poursuivre la lutte, il fonde la « Fraction Art Mais Rouge » et son organe de propagande, « Boum dans ton j'nou », jetant ainsi les bases – solides – du courant stalino-makhnoviste balbutiant. C’est lors d’une performance artistique autour d’un autoportrait en acier de trois mètres de haut, sobrement intitulé « auto-fellation », qu’il découvre avec surprise que les extrêmes se rejoignent, son penchant pour le culte de la personnalité, et qu’il renoue avec ses racines autrichiennes. Il signe alors avec l’agence Elite des monts Nouba, au sud Soudan, résolu à persuader Leni Riefenstahl de s’intéresser à nouveau au chic viennois. Celle-ci n’est pas convaincue mais l’initie au dessin anatomique auquel il s’adonne à corps perdu. La marque profonde laissée par cette période hyperréaliste est sous-jacente dans tous ses travaux artistiques ultérieurs, y compris bien sûr « Tout doit disparaître ! », mais aussi dans ses idées. En 2003, il saisit l’opportunité du conflit au Darfour pour gagner plus en travaillant plus, dessinant les modèles des machettes de fabrication chinoise pour une entreprise de Shenzhen. Guillaume Podrovnik, sur place, s’occupe des couleurs des packagings en échange d’un financement des FARC. Ils entrent ainsi à nouveau en contact, peu avant de se retrouver à Paris : Antoine Silvestri est rapatrié par l’ambassade de France lorsque, la compétition s’intensifiant, le design des machettes est délocalisé en Corée du nord.

Lun 21 Déc. 09

Petite pause vacances

On reprend début janvier!

Dim 06 Sep. 09
France Inter

Extrait du Journal du Futur dans "Panique au Mangin Palace"

Eh oui, c'est encore la mort de Sarkozy…

Mer 15 Jui. 09

Extension des domain names de la lutte

Renforçant notre emprise incroyable sur le cyberespace, nous sommes aussi sur Facebook et sur Twitter. Si vous pensez à d'autres trucs complètement idiots sur lesquels il faut absolument qu'on soit pour échouer à miner le consumérisme de l'intérieur, surtout dites-le nous.

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